Arthrose et activité physique

Le sport peut devenir une partie importante d’un traitement et de la prévention de l’arthrose. BALZER Alexandre Docteur vétérinaire CEAV de médecine Interne Vice président de la CNEAC.

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L'Arthrose sous la loupe

L’arthrose est une affection articulaire très fréquente, affectant jusqu’à 20% des chiens. La gestion d’un chien arthrosique doit se faire de manière logique et par palier. Elle comprend un traitement de fond, couplé éventuellement à des anti-inflammatoires en cas de crise, mais aussi et surtout une activité physique contrôlée. Ne plus soumettre son chien à un exercice régulier est une erreur, simplement il faudra doser ses efforts.

L’arthrose est une pathologie dégénérative progressive qui touche les articulations synoviales. Elle apparaît de manière insidieuse et les animaux atteints ont alors une capacité de mouvements moindre, ils présentent une atrophie musculaire, des douleurs, un inconfort certain et bien sûr, une qualité de vie diminuée. C’est une affection des articulations essentiellement caractérisée par la destruction progressive du cartilage articulaire, associée à la formation d’ostéophytes marginaux, des remaniements de l’os et de la membrane synoviale. L’arthrose est un phénomène irréversible, c’est pourquoi il est essentiel de prévenir au maximum son apparition.

Une activité physique contrôlée

Les chiens de travail et de sport sont particulièrement sensibles à l’arthrose. En effet, les sollicitations mécaniques sont nombreuses et parfois excessives. En agility, en ring, par exemple, les sauts répétés peuvent entraîner des microlésions cartilagineuses pouvant entraîner une évolution arthrosique. Cependant, tous les chiens à partir d’un certain âge sont plus ou moins soumis à ce phénomène. Les objectifs de l’activité physique contrôlée sont une diminution de poids, une mobilité articulaire augmentée, une diminution de la douleur et une réduction de la fonte musculaire.

L’obésité, comme chez l’être humain où cela a été parfaitement démontré, est un facteur de risque et d’aggravation très important. Les chiens obèses ont en effet 3,5 fois plus de risques de développer à terme de l’arthrose qu’un animal sans surcharge pondérale. Les contraintes auxquelles sont soumises les articulations sont bien entendu plus importantes pour un animal souffrant d’embonpoint. En outre, une diminution du poids aura pour conséquence la réduction des douleurs articulaires et donc de la prise d’anti-inflammatoires. Sur un chien arthrosique, les côtes devraient être facilement palpables et, vue de haut, la taille de l’animal devrait être visible. Les méthodes de diminution ou de contrôle du poids sont variées. On peut penser à supprimer les friandises (et les remplacer par un gros câlin ou un jeu, etc.), diminuer la ration ou donner des aliments de bonne qualité mais hypocaloriques.

Le simple fait de ne plus solliciter une articulation va augmenter l’ankylose de celle-ci. Une activité, même réduite, évitera cet engourdissement et permettra de maintenir la mobilité articulaire. De plus, des activités spécifiques pourront alors dépasser ce stade et permettre d’acquérir une mobilité plus importante. Ne pas hésiter à masser les membres de son chien et d’étirer progressivement et doucement chaque articulation.

L’activité proposée au chien permettra en outre de limiter la fonte musculaire. Les muscles sont en effet indispensables pour le bon fonctionnement d’une articulation. Ils font office d’amortisseurs et renforcer les muscles péri-articulaires peut contribuer à protéger les articulations. Le sport le plus adapté est sans conteste la natation. Il ne faut pas hésiter à faire nager son chien régulièrement. Evidemment, il serait mieux de trouver une eau pas trop froide, l’été étant la saison qui y convient le mieux. Une balle, un bâton suffisent à faire le bonheur de votre compagnon. Il est inutile de le fatiguer. Simplement quelques minutes tous les jours seraient déjà beaucoup et les progrès stupéfiant.

Le retour à la maison doit terminer ce programme digne d’un athlète. L’environnement du chien doit être adapté. Il y a quelques grands principes. On préférera bien entendu mettre le chien dans un endroit chaud et sec plutôt que dans le froid et l’humidité. Il sera intéressant de lui fournir un lit douillet, moelleux et chaud. Si possible son lieu de couchage sera au rez-de-chaussée, sur une surface non glissante.

Mais l’environnement humain est aussi très important. Tous les membres de la famille devront suivre quelques règles. Le week-end ne doit pas être une source d’activités intenses ou brutales. On limitera ainsi les jeux (mais pas les câlins) et les sorties en montagnes par exemple. Attentions aux enfants et aux autres animaux de compagnie. L’animal arthrosique pourrait avoir tendance à suivre le mouvement et ainsi risque l’apparition d’une crise arthrosique sévère.

En conclusion

Le programme adéquat est celui qui convient au chien et au propriétaire. Le programme d’entraînement ne doit pas être excessif pour l’animal et non contraignant pour le propriétaire. La marche en laisse, la natation, des promenades courtes mais répétées sont d’excellents exercices. Evidemment, il est préférable d’envisager ces éducatifs trois fois pendant 20 minutes qu’une fois pendant une heure. Nager et marcher dans l’eau sont des activités idéales car ne provoquent pas d’impact au niveau des articulations.

Dernière mise à jour : Novembre 2021