Dormir avec son animal

Un vétérinaire français installé aux Etats-Unis, Bruno Chomel, a publié, en février, une étude sur les risques zoonotiques courus par les propriétaires qui dorment avec leurs animaux.

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Quels sont les risques encourus ?

Et la pratique n’est pas exceptionnelle puisque, dans la plupart des pays industrialisés, 14 à 62 % des propriétaires dorment avec leur chien. Une telle promiscuité peut favoriser la transmission de maladies par léchage ou par un baiser ou encore via les puces des animaux, comme l’a précisé le Pr Jeanne Brugère-Picoux, professeur de pathologie médicale du bétail et des animaux de basse-cour à l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, en évoquant cette publication.

Son auteur dresse une revue de la littérature sur les risques spécifiques inhérents à la présence des animaux dans la chambre. Certaines maladies ont pu être très graves, comme la peste qui a été transmise par des chiens ou leurs puces au Nouveau-Mexique en 1974 ou plus tard en Arizona. Il en est de même de la rage transmise par léchage dans certains pays en voie de développement.

Ne pas négliger les morsures !

En Europe, d’autres maladies sont possibles, maladie des griffes du chien due à Bartonella henselae, qui peut aussi être transmise par léchage d’un chien, cas de septicémies, conséquences d’un léchage, infections par staphylocoques par léchage, transmission de parasites présents sur la fourrure de l’animal (Toxoplasma, Cryptosporidium, Giardia, œufs de Toxacara canis)

Enfin, il ne faut pas négliger le risque lié aux morsures canines, survenant surtout sur des enfants endormis.

En conclusion, "les zoonoses" dans la chambre "sont peu fréquentes mais le risque est réel et justifié. Un respect strict des conditions d’hygiène, la prévention du parasitisme interne et externe (sous un contrôle vétérinaire) en particulier lorsqu’il s’agit d’enfants ou de personnes immunodéprimées, est nécessaire", a souligné le Pr Brugère-Picoux.

Source : Maud Lafon pour la Dépêche ASV.