Le chien phobique

Une phobie est une crainte excessive et disproportionnée vis-à-vis de certains stimuli comme certains bruits (coup de fusil, pétard, feux d’artifice, orage), certaines personnes (notamment les hommes), certains animaux ou certaines situations (départ en voiture, en train).

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Le chien phobique

Le chien phobique, confronté à l’objet de sa peur, peut présenter des réactions frénétiques, dangereuses pour lui et pour son entourage. Les chiots correctement socialisés ne devraient pas présenter de phobies, vis à vis tout ce qui constitue les éléments normaux de la vie quotidienne.

Symptomes

Le chien peut présenter :

  • une phobie simple, c'est-à-dire qu’il a peur d’un stimulus unique, connu et identifié des propriétaires, feu d’artifice, orage, bruit d’aspirateur.
  • une phobie complexe et beaucoup plus invalidante, dans ce cas-là, le chien anticipe l’événement, source d’angoisse, et développe une peur pour tous les stimuli qui lui sont associés. Il est alors souvent difficile de retrouver l’objet de sa peur initiale.
  • Voici deux exemples précis de phobie complexe :

  • Le chien de chasse : un chien de chasse peut, au début, avoir une phobie des coups de fusils, puis généralise sa peur dès qu’il voit son maître se préparer pour la chasse puis dès que celui-ci veut le mettre dans la voiture.
    Le chien urbain : un chien qui a peur du train puis dès qu’il arrive sur le quai de la gare puis finalement dès qu’il voit son maître préparer les bagages…
  • Le chien manifeste sa peur par des tremblements, de l’hypersalivation, une dilatation des pupilles, une sudation au niveau des coussinets, une posture de repli et un arrêt de toutes activités. Il peut aussi essayer de fuir, se rapprocher exagérément de son maître pour se tranquilliser ou encore devenir agressif.
  • Origines

    Les chiens, qui ont été mal habitués à tous les stimuli de la vie courante pendant la période de socialisation, ont tendance à développer des phobies vers tous les éléments présentés après la période de socialisation. Dans ce cas là, les phobies sont présentes dès l’âge de 3-4 mois et caractérisent le syndrome de privation.

    Une phobie peut aussi apparaître après un traumatisme, comme un accident en voiture ou une agression violente par un autre chien. Il n’y avait alors aucune peur envers la voiture ou les autres chiens avant le traumatisme.

    Enfin les chiens souffrant d’anxiété peuvent déclarer rapidement des phobies envers des stimuli même insignifiants.

    Chez un chien correctement socialisé, une phobie simple peut rester toute sa vie sans évoluer et sans être particulièrement gênante (exemple de la phobie classique des feux d’artifice), voire peut même disparaître avec le temps, on parle alors d’habituation. Par contre chez un chien présentant d’autres troubles du comportement, une phobie simple peut évoluer rapidement vers une phobie complexe et handicapante. ...

    Conduite a tenir

    Lorsque la phobie est ponctuelle (ex : orage) et que le chien est bien équilibré, un traitement n’est pas nécessaire. Si toutefois il s’agit de quelque chose de prévisible (voyage, feux d’artifice du 14 juillet, etc.), le maître peut donner des médicaments pour tranquilliser l’animal avant, le rentrer dans la maison et fermer les fenêtres pour éviter qu’il ne s’échappe.
    Il faut éviter de renforcer la peur du chien en le caressant et en le calmant. Le mieux est de l’ignorer comme si rien ne se passait. Il est également préférable d’éviter de laisser son chien seul à la maison et surtout dans la voiture si l’on sait qu’il va y avoir des bruits, des éclairs, etc.

    Si les phobies sont nombreuses et invalidantes, un traitement médical sur le long court est utilisé notamment lorsque la vie normale du chien n’est plus possible.

    Deux thérapies comportementales peuvent être simultanément appliquées avec l’aide du vétérinaire ou d’un éducateur professionnel afin de favoriser la disparition de la phobie.

  • La technique de désensibilisation : elle consiste en la présentation sous des intensités progressivement augmentées du ou des stimuli phobiques : par exemple, pour la peur des hommes, on place le chien en présence d’un homme dans un espace extérieur clôturé, puis très progressivement et de façon très répétée on essaie de diminuer la distance entre l’homme et le chien. Cette technique devra être très progressive. La présence d’un autre chien calme, gentil et non peureux peut rassurer et faciliter la thérapie.
  • Le contre conditionnement : il s’agit de créer un conflit d’intérêt. On place alors le chien dans une situation très motivante et rassurante comme le jeu puis on le met en présence de l’objet de sa phobie par exemple un homme ou encore un aspirateur tout en continuant à jouer.
  • Ces thérapies comportementales sont à utiliser avec des personnes compétentes afin de ne pas aggraver le trouble du chien par des erreurs de rééducation.

    BALZER Alexandre
    Docteur vétérinaire
    CEAV de médecine Interne
    Vice président de la CNEAC