Les Anomalies Vertébrales

Les anomalies vertébrales sont des malformations congénitales de la colonne vertébrale qui se traduisent par une forme anormale des vertèbres. La plupart du temps elles n'entraînent pas de compression de la moelle épinière, mais dans les cas de compression médullaires elles peuvent se traduire par des paralysies, de l’incontinence, de la douleur.

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Les Anomalies Vertébrales

Les anomalies vertébrales concernent essentiellement les petites races brachycéphales à queue nouée, le Bouledogue français, le Carlin.

Comportement et caractère

Durant le développement embryonnaire, les vertèbres se forment à partir de plusieurs centres d’ossification, qui finissent par fusionner, sauf si ce processus est perturbé.

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Les malformations les plus rencontrées sont (par ordre de fréquence) :

  • Les hémi-vertèbres : une partie de la vertèbre ne se développe pas. Cette anomalie, due à un défaut d’ossification de l’un des centres d’ossification, peut concerner la partie dorsale, ventrale, ou latérale des vertèbres. Le corps est la partie la plus fréquemment touchée. Dans certains cas la vertèbre peut prendre une forme de coin (vertèbre cunéïforme). Elle concerne le plus fréquemment les vertèbres thoraciques T7 à T9.
  • Les vertèbres "papillon" : le corps vertébral n'est pas fusionné en son milieu et se retrouve ainsi constitué de deux hémivertèbres latérales.
  • Les blocs vertébraux : il s’agit d’un défaut de séparation entre vertèbres contiguës qui, au lieu d’être mobiles l’une par rapport à l’autre, sont solidaires. La localisation la plus fréquente est C2C3.
  • Les vertèbres de transition : vertèbre présentant les caractéristique d'un autre segment de la colonne, par exemple lorsque des côtes (caractéristique thoracique) sont retrouvées sur une vertèbre lombaire. La présence de vertèbres de transition est souvent associée à une variation du nombre de vertèbres.
  • Ces malformations peuvent induire :

  • Des angulations anormales de la colonne vertébrales : scoliose (déviation latérale de la colonne), lordose (incurvation concave excessive du dos), cyphose (incurvation convexe = bosse).
  • Des instabilités vertébrales
  • Une compression médullaire (de la moelle épinière).
  • Les anomalies vertébrales sont très probablement liées à des facteurs génétiques, même si cela n’a pas pu être démontré dans toutes les races. C’est pourquoi la sélection sur la forme nouée ou cassée de la queue, et sur la faible longueur de celle-ci a, semble-t-il, involontairement augmenté leur fréquence. En effet, cette forme si particulière et appréciée est due ni plus ni moins à une anomalie vertébrale.
    Les gènes incriminés et leur mode de transmission n’ont pas encore été identifiés.

    L’évolution

    Les malformations sont présentes à la naissance, mais leurs manifestations deviennent généralement radiographiquement visibles entre l’âge de 3 mois et la fin de la croissance. Elles ont tendance à s’aggraver en raison des lésions secondaires résultant de la compression médullaire.

    Comprendre la maladie

    Les signes cliniques

    Le plus souvent, les anomalies vertébrales ne sont pas visibles, elles sont découvertes fortuitement, à la faveur d’un cliché radiographique de la colonne.
    Lorsque les anomalies vertébrales sont responsables de compression médullaire comme dans le cas de hernies discales, on peut observer différents signes, faiblesse voire paralysie des pattes arrières, ataxie (manque de coordination des mouvements), incontinence fécale et/ou urinaire.
    En présence de l’un ou l’autre de ces signes, il faut sans tarder présenter l’animal au vétérinaire. Ce dernier réalisera un examen clinique complet de l’animal et procédera à des examens complémentaires (radiographie, scanner ou IRM) visant à rechercher la cause des troubles, ceux-ci n’étant pas spécifiques.

    Les anomalies vertébrales sont aisément repérables sur un cliché radiographique. Cependant, elles ne sont pas obligatoirement à l’origine des troubles. C’est pourquoi le vétérinaire peut proposer de réaliser de nouveaux clichés après avoir injecté un produit de contraste permettant de visualiser la moelle épinière (IRM, myéloscanner) et de localiser très précisément les zones de compression.

    Le traitement

    Dans certains cas (selon la nature des lésions), une intervention chirurgicale peut être réalisée afin de faire disparaître la zone de compression. Si elle est réalisée tôt, l’issue est généralement favorable. Le ré-alignement puis la stabilisation de la colonne vertébrale est actuellement la meilleure option pour traiter des compressions due à la cyphose et la scoliose. Bien que complexe et réservée à des instituts spécialisés, cette intervention donne de très bon résultats.
    Dans les autres cas, un traitement palliatif peut être mis en place, administration de médicaments anti-douleur, restriction d’activité, assistance pour que le chien puisse faire ses besoins. A terme, l’euthanasie doit malheureusement souvent être envisagée car le traitement médical ne règle pas le problème définitivement.

    Le dépistage

    Des études ont révélé que les anomalies vertébrales sont très fréquentes chez les petits chiens brachycéphales (à face plates). Face à cette situation préoccupante, le club de race du Bouledogue Français a initié un programme visant dans un premier temps à mieux cerner la nature et la fréquence des anomalies vertébrales.
    Ce travail de recensement, conduit en collaboration avec le service de chirurgie de l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort, est appuyé par l’exigence de soumettre les reproducteurs à un cliché de la colonne vertébrale thoracique (face et profil) dès le 3ème niveau de cotation. Une seconde étude vise à l'identification du ou des gènes responsables des anomalies vertébrales thoraciques chez le Bouledogue Français. A terme, la prise en compte de ces anomalies dans les programmes de sélection devrait permettre de réduire leur fréquence et/ou leur gravité.

    Article rédigé en collaboration avec les Docteurs vétérinaires Magali Breton et Michèle Colin, Ingénierie Gipsa.

    Remerciements au P. Moissonnier (Service de chirurgie, Ecole Nationale Vétérinaire d'Alfort (ENVA)) et à C. Roux (Thèse vétérinaire sur la génétique des anomalies vertébrales chez le Bouledogue Français, ENVA, 2017) pour la relecture de cette fiche.

    Dernière mise à jour : Novembre 2021