Lui apprendre la solitude

Certains chiens vivent très mal l’absence de leur maître. Pour se sortir de la détresse qu’ils ressentent, ils peuvent devenir les auteurs de nuisances sonores (aboiements et autres), de destructions, faire leurs besoins partout et même, parfois, s’occasionner des blessures. Il faut donc leur apprendre, qu’ils soient encore chiots ou déjà adultes, à rester seuls sans angoisse.

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Lui apprendre la solitude

Quelles races de chiens peuvent rester seules ?

S’il n’existe pas réellement de races de chien prédisposées à la solitude, certaines se révèlent plus calmes et indépendantes et donc susceptibles de rester seules plus facilement. Exemples :

  • Le Basset Hound possède un tempérament placide. Il aime se prélasser et passer de longues heures à dormir. Il peut aisément vivre en appartement et se satisfaire de quelques petites promenades quotidiennes.
  • Le Shiba Inu est un chien indépendant et silencieux. S’il est plutôt timide et réservé avec les inconnus, il reste particulièrement attaché à ses maîtres.
  • Le Bichon Maltais a l’esprit vif mais il aime aussi paresser. Il est capable de passer la majeure partie de la journée à dormir en attendant le retour de sa famille.
  • Le Shar Pei cache derrière ses plis un tempérament solitaire. Il reste la journée à attendre ses maîtres sans aboyer.
  • Le Lhassa Apso est un chien calme doté d’une forte capacité à supporter la solitude s’il est habitué tôt.
  • Le Basenji serait la race la moins aboyeuse au monde. Si ce chien sait rester seul à la maison ou en appartement, il nécessite au moins deux balades par jour afin d’entretenir sa bonne santé physique.
  • D’autres races sont réputées pour leur calme et leur aptitude à affronter la solitude telles que l’épagneul tibétain, le Pékinois, le Spitz japonais, le Welsh Corgi, le Chihuahua ou encore le Yorkshire terrier.
  • De nombreuses personnes hésitent à accueillir un chien car leur activité professionnelle implique de le laisser seul pendant de longues heures. La décision doit être mûrement réfléchie car cet animal social a besoin de compagnie et, enfermé dans une maison sans son maître, il peut s’ennuyer et déprimer. De plus, comme tout un chacun, la nécessité de se “retenir” toute la journée demande des efforts. Il faut garder à l’esprit que nos boules de poils adorent jouer, se balader, explorer de nouveaux lieux, faire des rencontres.
    À ce titre, le fait de posséder un jardin ne dispense pas de promener son chien car renifler toujours les mêmes odeurs au même endroit ne le stimule pas. Si vous êtes déterminé à adopter un chien malgré vos absences quotidiennes, il faudra vous organiser de manière à lui consacrer du temps quand vous êtes présent à la maison.

    Pour commencer, il est nécessaire d’appliquer ces règles :
    éviter de le caresser sans cesse lorsque vous êtes présent, de le laisser vous suivre partout, d’être constamment en interaction avec lui. tâchez de ne pas le laisser dormir avec vous s’il est déjà du genre "pot de colle".
    Cet attachement excessif n’est pas bon du tout pour lui.

    Voici un premier exercice que vous pouvez faire chez vous si vous voulez essayer de l’aider à mieux vivre vos absences :
    apprenez-lui progressivement à rester à une place (agréable pour lui) dans votre habitation. Cela peut être la cuisine, la salle de bains, le salon, là où il dort la nuit. Abstenez-vous de le mettre dans le garage ou une cage s’il n’y a jamais fait de séjour, le stress et la frustration seraient trop importants pour lui et il n’en retirerait aucun apprentissage qui aille dans le sens recherché.

    Une fois que vous avez choisi la bonne place, laissez-y le plusieurs fois par jour durant quelques minutes, le temps de vous occuper à autre chose. Ne réagissez pas s’il s’agite ou aboie, continuez à vaquer à vos occupations.
    Dès qu’il sera calme ou qu’il fera une pause entre deux séries d’agitations/aboiements, allez le libérer sans pour autant en faire un évènement. On évitera donc les embrassades, caresses et salutations verbales. Il faut qu’il apprenne que votre départ est toujours suivi de votre retour et de sa libération. Si on théâtralise cet exercice, on y accorde trop d’importance, on est donc clairement en train de l’informer que notre départ est un événement.
    Attention, on va provisoirement majorer les tensions avant d’arriver progressivement à l’extinction des comportements dérangeants.

    Deuxième exercice, à pratiquer si votre chien se surexcite dès qu’il vous voit prendre vos affaires pour sortir. Le week-end ou un jour où vous n’avez pas d’impératif, pratiquez des faux départs. Préparez-vous comme si vous alliez sortir, mettez vos chaussures et vêtements habituels… mais ne partez pas. Installez-vous sur le canapé, allumez la télévision ou lisez un journal, sans vous occuper de lui. Au bout de quelques minutes, on revêt la tenue habituelle, toujours sans tenir compte du chien.

    Bien entendu il va falloir répéter ces entraînements un certain nombre de fois pour que votre chien constate que s’agiter dans tous les sens est inutile. Et vous l’avez compris, ils doivent absolument s’accompagner d’une bonne gestion de vos relations avec lui au quotidien. Si l’on continue à le maintenir près de soi en permanence lorsque l’on est présent, ces efforts ne serviront à rien.

    Ceci est un aperçu de la stratégie thérapeutique utilisée par les comportementalistes pour solutionner un problème très fréquent chez les chiens, l’angoisse liée à la solitude.

    Le chien face à la solitude : conclusion

    Si vous devez vous absenter pendant plusieurs heures, il est tout à fait possible d’adopter un chien mais sous conditions : d’abord de l’habituer progressivement à la solitude dès son plus jeune âge. Ensuite, de bien vous organiser pour favoriser son bien-être car après avoir passé 6 ou 8 heures à ne rien faire, votre animal aura besoin de se dépenser. Veillez donc à programmer dans votre planning des promenades matin et soir, et idéalement, de prévoir la visite d’un dog-sitter si vous ne pouvez pas rentrer entre midi et deux.

    Source : Laurence Bruder Sergent, comportementaliste et formatrice, auteur des livres "la cause des chiens", "mon chien est quelqu'un de bien" et co-auteur de "j'éduque mon chien moi-même".

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