Obésité : une influence génétique complexe

Lors du symposium Waltham sur la nutrition, une session a été consacrée au contrôle du poids. L’obésité apparaît comme une maladie au déterminisme complexe, faisant intervenir plusieurs facteurs environnementaux (alimentation, exercice, etc.) mais aussi de très nombreux gènes sélectionnés et impliqués à travers différentes voies.

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Obésité chez le chien

L’obésité touche, selon les études, environ 30% des chiens.

Dans l’obésité, "plusieurs gènes se combinent de manière complexe et sont associés à des facteurs environnementaux pour déterminer la prédisposition d’un sujet", a-t-il expliqué.

Dans cette maladie, régime alimentaire et génétique interagissent donc.

L’intervenant a expliqué que de nombreuses voies métaboliques pouvaient conduire à un changement dans l’équilibre entre apport et dépenses énergétiques et donc favoriser l’obésité. Cela explique que la génétique soit si complexe car des centaines, voire des milliers, de gènes, peuvent intervenir dans ces voies. Une étude humaine sur la répartition des graisses a mis en évidence un gène impliqué dans l’obésité, le gène FTO. Mais "ce gène ne contrôle que 1,6 kg de changement corporel", a insisté l’intervenant, confirmant ainsi qu’il n’existait pas un gène de l’obésité mais une association complexe.

Effet modeste de chaque gène

Des travaux effectués chez la souris ont montré de même qu’il existait des centaines de variantes génétiques susceptibles de modifier le poids ou la répartition des graisses corporelles, chaque gène pris séparément avant un effet modeste. "La composition de la flore intestinale, déterminée par plusieurs gènes, a un effet sur le pourcentage de graisse corporelle".

En ce qui concerne le chien, la situation semble être différente. Des études publiées par Waltham (revue Nature d’avril 2010) ont mis en évidence un petit nombre de gènes intervenant dans le contrôle du poids. En complément, ’environnement joue un rôle important dans la modification génétique. ADN et facteurs environnementaux

Le niveau d’exercice volontaire, qui conditionne en partie la prise de poids, subit lui aussi une influence génétique, des études ayant mis en évidence une "tendance génétique" à l’exercice volontaire, plusieurs gènes régulant la façon dont le corps réagit à l’exercice.

L’orateur a cité l’exemple de la sélection et de l’élevage de souris hyperactives, capables de parcourir près de 20km par jour dans une roue, alors que d’autres refusent carrément l’exercice.

L’identification des facteurs impliqués dans ces variations pourrait expliquer pourquoi certains chiens sont naturellement actifs alors que d’autres sont plus "pantouflards".

Un autre paramètre doit être pris en compte dans l’étiologie de l’obésité, le rôle des micro-organismes intestinaux. Une étude de 2004 a mis en évidence leur impact sur la régulation du poids corporel et sur la répartition des graisses. La flore intestinale a ainsi un effet sur le pourcentage de graisse corporelle.

Source : Maud LAFON, La Dépêche Vétérinaire n°1101, Décembre 2010

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